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Le médecin généraliste, 1er contact des SAM Ajouté le 03/12/2021 à 11h48

Le médecin généraliste est parfois mieux connu sous le nom de médecin traitant ou encore médecin de famille. Il est, en effet, souvent le premier interlocuteur des SAM et de leur proche en perte d’autonomie. Zoom sur ce métier-vocation avec le Dr Geneviève Oldenhove.

Le médecin généraliste, 1er contact des SAM

Quel est le rôle du médecin généraliste ?

Le médecin généraliste est avant tout celui qui soigne, du moins dans un premier temps. Son second rôle est plutôt d’ordre organisationnel puisqu’il peut coordonner d’autres aides et soins autour de son patient. Il peut détecter des anomalies (maladie chronique, etc.) et orienter, aiguiller vers le bon spécialiste. Il s’agit surtout d’acquérir une relation de confiance avec le patient, de connaitre ses limites et pouvoir l’aider en connaissance de cause.

Quand est-ce que les SAM peuvent se tourner vers vous ?

Je pense que les SAM peuvent s’adresser à leur médecin de famille concernant tout ce qui est traitement : explications, informations complémentaires sur la pathologie, etc.

Il arrive que le médecin généraliste passe du temps à expliquer la situation aux SAM et à leur proche, à dialoguer et à les aider à admettre la perte d’autonomie. Nous sommes là pour les soutenir et les accompagner aussi.

Comment soutenez-vous les SAM ?

Autour du patient il faut une synergie ; le SAM peut incarner le rôle de coordinateur car il fait le lien entre les différents prestataires de soins et de services. Toutefois, le SAM a lui-même besoin de soutien de la part de son médecin traitant tant d’un point de vue physique qu’émotionnel car endosser le rôle de SAM n’est pas évident.

Quel rôle joue les SAM dans le quotidien de leur proche d’un point de vue médical ?

Les études démontrent que la solitude est une des choses qui fragilise le plus les patients et donc un SAM est essentiel puisqu’il brise cet isolement. Ensuite, il va faciliter le quotidien de son proche en ouvrant les portes lors des visites à domicile par exemple, en prenant les rendez-vous médicaux, en accompagnant son aidé dans les démarches médicales, etc. comme je l’expliquais ; le SAM peut avoir un rôle de coordinateur de soins et d’aides, c’est lui qui va faciliter les échanges entre les prestataires.

N’est-ce pas difficile de suivre plusieurs membres d’une même famille dont l’un est le SAM de l’autre ?

Ça pourrait être compliqué parfois mais cela fait partie du métier. Il faut le courage et l’honnêteté de dire au SAM que ça ne le concerne pas pour tenter de conserver l’intimité du patient.

Parfois c’est intéressant parce que le SAM va révéler certaines choses dont le patient n’a peut-être même pas conscience ou, du moins, ne l’a pas mentionné lors de sa consultation alors que c’est important dans le diagnostic.

Êtes-vous parfois SAM vous-mêmes de vos patients ?

Oui je confirme ; nous sommes SAM de nos patients ! Encore aujourd’hui, une de mes patientes qui ne sait pas parler suite à une trachéotomie devait prendre un rendez-vous administratif, c’est donc moi qui ai passé l’appel. Quand j’ai des visites à domicile le soir, j’ai tendance à apporter un pain à mes patients âgés qui ont moins la possibilité de sortir. Certains patients n’osent pas contacter leur administrateur de biens donc je le fais pour eux ou il m’est arrivé de remonter les plombs en passant chez l’un ou l’autre. Ce sont en général des choses simples à faire, qui ne demandent pas beaucoup de temps mais qui leur en font gagner énormément.

En tant que médecin famille, repérez-vous les SAM au sein de votre patientèle ?

Les SAM sont évidemment reconnaissables mais il y a peu de temps que les médecins ont pris conscience de cette problématique. Nous sommes là pour les identifier et les informer sur le soutien qui peut leur être apporter dans ce rôle difficile.

D’ailleurs, le soutien aux SAM est un véritable enjeu de société avec le « Papyboom » qui est imminent, d’ici 2025 le nombre de personne âgée de plus de 80 ans va exploser et même si, pour la plupart, ils devraient être en bonne santé ; la présence d’un SAM à leurs côtés est cruciale.

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SAM le Réseau des Aidants / Réseau SAM

Initié en 2016 par l’ASBL Aidants Proches Bruxelles et son projet baptisé alors « Mon Réseau Aidant Bruxelles », le « Réseau SAM » est sorti de sa phase-pilote en septembre 2018 et repris dès lors par l’ASBL éponyme : « SAM-le Réseau des Aidants » créée spécifiquement pour faire évoluer cette initiative d’envergure. Le leitmotiv : « tous les aidants proches sont des SAM mais tous les SAM ne sont pas forcément aidants proches » caractérise la volonté de l’association de travailler en prévention, avant que les aidants ne se trouvent épuisés par la situation. L’idée est de les soulager dans leur quotidien en donnant de la visibilité aux soutiens existants mais également en proposant une campagne de communication calquée sur le modèle du « BOB » et facilitant donc l’auto-reconnaissance des aidants avant qu’ils ne tombent dans l’épuisement. Sur le Réseau SAM, les personnes dites « Solidaires à la Maison » (pour « SAM »), c’est-à-dire toutes personnes soutenant un proche en perte d’autonomie à cause de la maladie, du handicap ou de l’âge avancé, trouveront du soutien via un annuaire médico-social, des infos utiles et un espace d’échanges entre paires et avec certains professionnels du secteur.

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