VIH-SIDA Ajouté le 28/01/2019 à 15h00

Le SIDA n’est plus celui que nous avons connu dans les années 80 et 90. La maladie a terriblement changé depuis trente ans. Grâce à la recherche, notamment, qui a accompli des prouesses en quelques années: aujourd’hui les thérapeutes possèdent une armada de molécules pour contrôler la réplication du virus. Toutefois, en allongeant la durée de vie des séropositifs, de nouveaux problèmes ont été découverts alors que les patients étaient bien traités: problèmes cardiovasculaires, apparition de cancers non-opportunistes…

Comprendre

Qu’est ce que le VIH et le SIDA?

Du VIH au SIDA

Le VIH -virus de l'immunodéficience humaine- s'attaque au système immunitaire et provoque une immunodépression, c'est-à-dire un affaiblissement du système immunitaire. Le corps n'est alors plus protégé efficacement et ne parvient plus à se défendre contre des maladies auxquelles il peut normalement faire face. L'apparition de ces maladies typiques de l'immunodépression marque le passage de la séropositivité au stade de la maladie: le SIDA (syndrome d'immunodéficience acquise).

Le VIH cible le système immunitaire

Le virus VIH intègre son patrimoine génétique à celui de la cellule infectée (il transforme son ARN en ADN au moyen de la transcriptase inverse et intègre ensuite son ADN à celui d'une cellule hôte grâce à une enzyme appelé intégrase). Les cellules infectées peuvent ensuite elles-mêmes produire de grandes quantités de virus qui iront infecter, à leur tour, d'autres cellules. Certaines d'entre elles peuvent servir de réservoir au VIH.

VIH: atteinte des globules blancs

Le VIH infecte principalement les cellules CD4 (ou lymphocytes T4), un type de globule blanc primordial pour le système immunitaire. Chaque jour, des millions de ces globules blancs sont détruits. Le corps réussit à faire face en les remplaçant, mais cela ne dure qu'un temps et le système immunitaire finit par s'épuiser.

Séropositivité et SIDA: quelles sont les différents stades?

Une personne séropositive est porteuse du VIH. On distingue trois stades différents au cours de l'infection:

  • Stade A: Il s'agit d'un stade sans symptôme où les patients présentent un degré variable d'affaiblissement du système immunitaire (immunodépression). Ils n'ont pas encore fait d'infection opportuniste.
  • Stade B: Le système immunitaire est en perte de vitesse. Les premiers symptômes peuvent apparaître, des affections bénignes en général: diarrhée; certains types de candidose (champignons); zona...
  • Stade C (SIDA): L'infection atteint le stade SIDA (syndrome d'immunodéficience acquise) lorsque certaines maladies opportunistes se déclarent.

Ces maladies sont causées par des germes habituellement peu agressifs qui profitent de l'immunodépression pour se développer. Ces maladies sont potentiellement mortelles. Certains cancers peuvent également se développer à ce stade.

Comment se transmet le virus du SIDA (VIH)?

VIH: transmission lors des rapports sexuels

Les rapports sexuels non-protégés sont le vecteur de transmission le plus important. Le VIH peut se transmettre lorsque le sperme, le liquide séminal, les sécrétions vaginales ou anales sont en contact avec une muqueuse: vaginale, anale ou buccale. Le virus peut se transmettre sans qu'il y ait eu éjaculation.

Transmission par le sang contaminé par le VIH

Le virus se transmet lors d'une exposition à du sang contaminé par le VIH. Les usagers de drogue par voie intraveineuse (lorsqu'il y a échange de seringues usagées) et les professionnels de la santé (à cause d'accidents d'aiguilles impliquant du sang de patients contaminés) sont les plus exposés. Le risque de contamination par transfusion sanguine a disparu dans les pays développés.

Transmission du VID de la mère à l’enfant

Une mère infectée par le VIH a 20 à 30% de probabilité de transmettre le virus à son enfant pendant la grossesse, à l'accouchement ou lors de l'allaitement. Un suivi médical et un traitement adapté permettent toutefois de rendre ce risque négligeable.

Le SIDA en Belgique: quels sont les chiffres?

Nombre d'infections par le VIH en progression?

Depuis les années 80 et le début de l'épidémie, le nombre d'infections au VIH par an n'a cessé d'augmenter en Belgique. Le nombre de nouvelles infections en 2009 était le plus haut jamais atteint dans notre pays avec 1115 nouvelles infections diagnostiquées. Le VIH ne recule donc pas. Bien au contraire!

Nombre de cas de SIDA en baisse

Le nombre de cas de SIDA, donc de maladie avérée, a par contre considérablement baissé depuis le début de l'épidémie. Entre 1995 et 1997, ce nombre a diminué de moitié, grâce à l'arrivée des trithérapies. Il est plus ou moins stable depuis. Cependant, de nombreuses personnes découvrent encore leur séropositivité tardivement lorsque le SIDA est déjà déclaré. Et l'arrivée des thérapies antivirales a donné la fausse impression qu'être séropositif est une situation bénigne, aisément contrôlée par les médicaments.

Diagnostic

Les difficultés du dépistage du virus du SIDA (VIH)

Test VIH: six semaines après la prise de risque

Le dépistage du virus du SIDA (VIH) consiste en une simple prise de sang qui permet de repérer la présence d’anticorps anti-VIH mais également, pour les tests les plus récents, de détecter la présence éventuelle d’antigènes viraux circulants. On considère qu’il faut attendre au minimum six semaines entre la situation à risque et le test pour être certain d’un résultat négatif. Lorsqu’on est - malheureusement - infecté, le test de dépistage peut être positif dès la troisième semaine après l’exposition. Il ne faut donc pas hésiter à consulter précocement après une situation à risque. Des tests de confirmation sont absolument nécessaires avant de poser le diagnostic d’infection par le VIH. Ces tests sont réalisés dans des laboratoires de référence.

Dépistage tardif: le SIDA est déclaré

De nombreuses personnes ignorent longtemps leur séropositivité. Il est en effet possible de vivre normalement pendant des années avant que les premiers symptômes n’apparaissent. Ces personnes l’apprennent alors par hasard à l’occasion d’un test de routine… ou dans le pire des cas lorsqu’une maladie opportuniste – et donc le SIDA – se déclare (38% des cas en Belgique!). La reconstitution immunitaire par traitement antiviral, en cas de dépistage tardif, est plus lente et parfois moins bonne. Le risque de mortalité chez ces patients est 16 fois supérieur à celui d’un patient diagnostiqué précocement.

Évaluation de l’infection au virus du SIDA (VIH)

L’annonce du diagnostic d’infection par le VIH

Le soutien psychologique du patient est essentiel après l’annonce d’un diagnostic d’infection par le virus du SIDA (VIH). Le respect strict de la confidentialité est absolument nécessaire pour permettre au patient de se sentir en confiance avec le monde médical. Le patient doit comprendre que la situation implique sa propre santé mais également celle de la personne qui lui a transmis le virus et les partenaires avec lesquels il aurait eu des rapports non protégés.

Mesure de la charge virale

Un des premiers tests de laboratoire, en cas de diagnostic positif, consiste à mesurer la charge virale: le nombre de copies de virus présentes dans un millilitre de plasma (la partie liquide du sang).
Cette donnée est un bon indicateur du taux de réplication (reproduction) du virus et permet au thérapeute d’évaluer le risque de progression vers une immunodépression. La charge virale permet également de contrôler la réponse au traitement. Un traitement antiviral fait, en effet, chuter la charge virale de 100 fois après un mois de traitement. En dessous de 40 copies par millilitre, la charge virale n’est plus détectable: la réplication du virus est sous contrôle et le risque de transmission du virus est nettement diminué.

Le taux de cellules CD4

Le taux de cellules CD4 permet de déterminer l’état du système immunitaire d’un patient séropositif et est un indicateur essentiel permettant d’apprécier si un traitement antiviral doit être commencé. Le traitement sera en général proposé aux personnes vivant avec le VIH une fois ce taux en dessous de 500/mm³. En dessous de 350/mm³, il devient urgent de traiter la personne vivant avec le VIH.

Quelles sont les co-infections en lien avec le VIH?

Les co-infections: hépatites

Un test pour l’hépatite B et C est proposé systématiquement au patient en cas de diagnostic d’infection par le virus du SIDA (VIH). Les virus de l'hépatite B et C et le VIH partagent les mêmes modes de transmission. Les co-infections VIH/hépatite sont donc courantes. L’infection par le VIH aggrave le pronostic de l’infection par le virus de l’hépatite C (VHC): le risque de cirrhose du foie est doublé. Le VHC devient dès lors une cause importante de mortalité en cas d’infection par le VIH.

Infections Sexuellement Transmissibles

Il y a une forte recrudescence des Infections Sexuellement Transmissibles (IST). Et notamment de la syphilis, une maladie qui avait virtuellement disparu. Ces différentes IST doivent être traitées par antibiotique. Elles augmentent le risque d’être infecté par le VIH: une ulcération génitale due à la syphilis favorise, par exemple, la transmission du virus en lui permettant de passer plus facilement dans le sang.

Au quotidien

L’importance de bien suivre son traitement contre le SIDA

Antirétroviraux : un traitement à prendre à vie

Suivre son traitement scrupuleusement est primordial pour que la trithérapie soit un succès. Évident? Pas forcément! La prise d'antirétroviraux est quotidienne et à vie. De nombreux paramètres peuvent perturber le suivi assidu du traitement.

Effets secondaires et oublis involontaires

En début de traitement, il peut arriver d'avoir des nausées, des diarrhées ou des troubles du sommeil. La sélection du traitement le mieux toléré se fera dès lors en partenariat avec le médecin qui choisira le meilleur traitement pour un patient donné. Des oublis involontaires peuvent également survenir. Il est donc intéressant d'organiser la prise du traitement: calendrier, agenda électronique, pilulier...

Mauvaise compliance: risque de résistance

En général, un simple oubli n'est pas fatal. Il faut toutefois impérativement essayer de suivre son traitement avec assiduité. L'enjeu est en effet de taille: si le traitement est mal suivi, le virus peut muter et développer des résistances aux molécules de la trithérapie.

Tabac: quel risque pour les séropositifs?

Le fumeur s'expose constamment à des oncogènes, des substances qui favorisent l'apparition de mutations cellulaires à l'origine du cancer. Ces mutations sont courantes chez les fumeurs. La plupart d'entre eux arrivent toutefois à s'en débarrasser grâce à leur système immunitaire. Chez le patient séropositif, la restauration immunitaire des muqueuses n'est pas correcte, même lorsque la trithérapie permet de maintenir un taux de CD4 optimal. Elle ne permet donc pas cette élimination. Le risque de cancer est décuplé: poumon, œsophage, estomac et col de l'utérus chez la femme... Le tabac implique également un risque cardiovasculaire important. Il faut donc envisager l'arrêt total du tabac!

SIDA: quel est le "poids" de l’alimentation?

Prise de poids et trithérapie

La réplication du virus du SIDA demande énormément d'énergie au corps. Une perte de poids est d'ailleurs constatée après l'infection. Lorsque le traitement est lancé, la réplication est contrôlée et l'énergie qui servait à produire le virus n'est plus utilisée. Le besoin quotidien en calories peut alors diminuer de moitié!

Importance d'un régime alimentaire équilibré

Un patient séropositif sous traitement est donc à risque de prendre du poids. Surpoids qui expose à de nombreux problèmes de santé: maladies cardiovasculaires, diabète qui se cumulent aux risques liés aux traitements et à l'infection elle-même. Il est donc important de suivre un régime alimentaire qui permet le maintien d'un poids normal.

Exercices physiques: essentiels pour les séropositifs

En raison des risques auxquels les patients séropositifs sont exposés, il leur est conseillé de maintenir une bonne forme physique. Trente minutes de marche à pied trois fois par semaine ou une heure de sport en salle au moins une fois par semaine permettent de diminuer le risque de diabète et de problèmes cardiovasculaires. Le sport est également un bon moyen de canaliser l'anxiété.

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