Le centre de coordination, architecte au service des SAM Ajouté le 12/08/2019 à 14h17

Souvent les SAM s’épuisent à organiser l’ensemble des soins autour de leur aidé. La plupart d’entre eux ignorent l’existence des centres de coordination dont la mission est, justement, de coordonner les services de soins et d’aide autour du patient. Focus sur ce métier d’architecte avec Catherine Ballant, directrice de Soins chez Soi.

Le centre de coordination, architecte au service des SAM

Quel est le rôle d’un centre de coordination ?

Les centres de coordination sont nés dans les années 80, il y en a cinq reconnus et agréés par la COCOF à Bruxelles. Concrètement, la mission des centres de coordination, définie par un décret, est de promouvoir le maintien à domicile par tous les soins et aides possibles et, ainsi, éviter l’entrée en institution (hôpital, maison de repos, etc.) de manière précoce.

Les centres de coordination font une anamnèse complète de la situation du patient afin de mettre en place des soins et aides à domicile adaptés. C’est ainsi qu’un plan de soins sera établi. Celui-ci sera adapté en fonction de l’évolution de la situation. Il s’agit de travailler au cas par cas en mettant, par exemple, les soins en veille si nécessaire ou en les réactivant en fonction des besoins du patient et de son entourage.

Comment mettre en place ces soins via un centre de coordination ?

Par téléphone ! C’est le meilleur moyen d’entrer en communication car parfois la personne confond les différents métiers comme aide familiale et aide ménagère par exemple ou elle évalue mal ses besoins réels. La conversation téléphonique permet aussi de poser les bonnes questions, de vérifier les prescriptions médicales, d’ajuster les aides au budget de la personne et d’avoir une vue d’ensemble de la situation pour l’assistante sociale qui prend le dossier en charge. Pour les cas plus lourds, l’assistante sociale effectue l’anamnèse au domicile du patient.

Il s’agit de travailler en concertation avec la famille et le médecin traitant qui peuvent faire la demande auprès de nos services. Une coordination de soins va en quelque sorte jouer le rôle d’architecte. C’est du sur-mesure en fonction de la demande et de la situation car nous prenons en compte les spécialisations des prestataires, les langues parlées, la proximité géographique, etc. Pour certains prestataires plus difficiles à trouver, comme les aides familiales ou les gardes à domicile, nous proposons au bénéficiaire de se placer sur une liste d’attente. C’est rare… mais cela peut arriver.

Quel type de prestation peut être mis en place ?

A peu près tout ! Cela va des soins infirmiers classiques à des hospitalisations à domicile en passant par les sages-femmes, kinés, podologues, pédicures, etc. qui sont de l’ordre du soin. Mais nous proposons également la mise en place de services comme les aides familiales, aides ménagères, gardes à domicile, transports, télévigilance, opticiens, dentistes, diététiciens ou encore coiffeurs à domicile.

Le but est de créer un plan de soins et de services cohérent en instaurant par exemple, des passages bien répartis sur la semaine pour assurer une présence auprès de la personne au quotidien. Par exemple si l’infirmière vient un jour sur deux, le coiffeur et l’aide familiale viendront les autres jours afin de ne pas surcharger l’emploi du temps du bénéficiaire, d’avoir un regard attentif et lui permettre d’avoir des liens sociaux tout au long de la semaine.

Un SAM peut-il se tourner vers un centre de coordination ? Pourquoi ?

Un SAM peut se tourner vers nous dès qu’il veut mais le plus tôt est le mieux naturellement ! Nous pouvons lancer l’ensemble des soins et des services suite à un seul coup de fil du SAM et créer un plan personnalisé pour chaque bénéficiaire ce qui décharge considérablement le SAM dans son quotidien.

Une personne travaillant dans un centre de coordination peut-elle identifier les SAM ? Comment ?

Oui, les assistantes sociales qui travaillent dans les centres de coordination repèrent immédiatement les SAM et leur épuisement face à la situation qu’ils traversent. D’ailleurs, la plupart du temps, ce sont des SAM qui s’ignorent !

Êtes-vous quelque part SAM à votre manière ?

Le personnel des centres de coordination vient en aide régulièrement aux patients et à son entourage mais avec une casquette professionnelle. Ils sont formés à détecter l’épuisement de la part du proche du patient. D’une certaine manière, ces professionnels sont donc également des SAM !

Retrouvez toutes les coordonnées des centres de coordinations dans le Guide médico-social de SAM le Réseau des Aidants (sélectionnez l'activivité "centre de coordination" dans le menu de recherche à gauche de l'écran)

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SAM ASBL /Fondation d'Utilité Publique

Le projet SAM a démarré en 2016, à l’initiative d’Aidants Proches Bruxelles. L’objectif de ce projet est de rendre visible l’offre existant actuellement à destination des aidants, ceci afin de soulager leur quotidien. Travailler à la prévention en facilitant l’accès à l’information et les interactions avec la communauté des SAM… Prévenir plutôt que guérir. L’un des objectifs majeurs de l’association étant la prévention. Rapidement on se rend compte qu’il est important de réfléchir à un point essentiel « tous les aidants proches sont des SAM mais tous les SAM ne sont pas forcément aidants proches ». Les études prouvent qu’une personne se déclarant « aidant proche » se trouve déjà en situation d’épuisement car elle n’a pas trouvé de soutien adéquat en amont. Aussi, inspirée de la campagne « BOB », c’est ainsi que nait l’identité «SAM». Elle a pour but de faciliter l’auto-reconnaissance de ces aidants potentiels et de créer un réflexe « Je suis SAM ». C’est pourquoi, en mai 2018, l’asbl Aidants Proches Bruxelles passe le relais à l’asbl SAM le Réseau des Aidants, créée spécifiquement pour porter ce projet qui sort de sa phase pilote et s’étend à partir de cette date à la Wallonie.

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