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Vie professionnelle & vie de SAM : elles témoignent Ajouté le 03/12/2021 à 11h51

Indépendant, salarié, retraité, etc. il n’est pas toujours aisé de concilier vie de SAM et vie professionnelle. Le train-train quotidien se retrouve tout à coup chamboulé lorsqu’un proche perd son autonomie. Quelles sont les options possibles pour cumuler travail et rôle de SAM ? Certains d’entre eux témoignent.

Vie professionnelle & vie de SAM : elles témoignent

Fabienne a été SAM à deux reprises dans sa vie. D’abord à la naissance de ses triplés très prématurés ; elle a ensuite pris soin de sa mère atteinte d’une leucémie.

Sa vie professionnelle a été plutôt mouvementée puisqu’elle a exercé comme professeur de français avant de reprendre les rênes de la petite entreprise familiale spécialisée en électricité.

« Lorsque mes enfants sont nés, j’avais 25 ans et travaillait comme enseignante, explique-t-elle, il m’est vite devenu impossible de mener vie professionnelle, vie de maman et, avec le recul… de SAM… de front.

Les bébés étaient très malades et demandaient beaucoup d’attention et de soins. J’ai donc demandé un congé pour circonstances familiales exceptionnelles qui m’a été accordé. J’avais droit à une allocation minimum bien moindre que celle que l’on recevait lorsqu’on était au chômage mais je n’avais pas le choix. Je ne pouvais prétendre à un emploi alors que je devais très régulièrement m’occuper de mes enfants et donc être absente au travail ».

En effet, il existe certains dispositifs légaux permettant de demander un congé thématique ou un crédit-temps lorsqu’on devient SAM. Toutes les informations concernant ces « interruptions de carrière » se trouvent dans les Infos Utiles.

Lorsqu’elle a dû accompagner sa maman souffrant d’une leucémie, elle avait déjà pris la tête de l’entreprise familiale : « étant donné que je suis désormais indépendante et que, la plupart du temps, je peux moduler mes horaires, j’ai rencontré beaucoup moins de difficultés au niveau professionnel ».

Être indépendant peut s’avérer très pratique lorsqu’il s’agit d’être flexible. De plus, il existe certains dispositifs destinés aux SAM indépendants pour combler une éventuelle perte de revenus.

Dans de telles circonstances, Fabienne n’a pas toujours eu facile à cumuler ses différents rôles : « je n’ai ressenti aucun sentiment de colère, de dépit ou de frustration. J’ai tenté, autant que faire se peut, de trouver les meilleures solutions pour subvenir aux besoins de la famille, en me tournant entre autres vers les aides sociales.

Malgré tout, j’étais la seule à prendre soin de ma mère ; ce qui est fatiguant et stressant l’air de rien… ».

De ces expériences de SAM actif professionnellement, elle tire des leçons : « Si je devais conseiller des SAM se trouvant dans le même genre de situation, je dirais tout d’abord d’essayer de ne pas s’isoler comme je l’ai fait mais, au contraire, de trouver des gens avec qui partager cette expérience ! L’arrivée d’Internet dans nos vies facilite les échanges, il est important d’en profiter ».

Le Forum de SAM-Le Réseau des Aidants peut permettre aux personnes n’ayant pas d’autres moyens de communiquer, d’échanger, de partager leurs sentiments et leurs expériences.

« Je leur conseillerais également de s’adresser aux personnes compétentes (via leur mutualité, l’ONE, les assistantes sociales, etc.), poursuit-elle, et d’envisager avec elles toutes les solutions qui sont proposées pour alléger à la fois les charges pécuniaires mais aussi le travail en tant que SAM. 

Enfin, je les inviterais à travailler sur le fait de pouvoir déléguer de temps en temps les soins que réclament les nouveaux nés ou un parent âgé. J’ai conscience - pour l’avoir vécu - que cela est très difficile pour une jeune maman mais il est cependant nécessaire pour son équilibre et sa santé qu’elle s’accorde des plages de détente et de repos ».

Lorsqu’on entre dans le rôle de SAM, c’est à durée indéterminée. Il est donc impératif de pouvoir s’accorder du répit, même si ce n’est pas facile, pour pouvoir tenir sur la longueur. Les solutions de répit font l’objet de plusieurs articles de la rubrique Infos Utiles mais sont également référencées dans l'annuaire médico-social du site.  

Mireille, elle, épaule son mari atteint par la sclérose en plaques : « J’avais 33 ans quand la maladie s’est déclarée mais cela s’est empiré en 2009. Mon mari est devenu tétraplégique ».

Suite à cela, son époux a dû cesser son activité professionnelle et Mireille a dû tout prendre en charge. Concilier vie professionnelle et vie d’aidante a été difficile parfois : « j’ai rencontré pas mal de difficultés d'organisation, dans la gestion des intervenants (service infirmier, kiné, consultations médicales), etc. Mais le pire c’était la culpabilité de déléguer à d’autres les soins de mon mari, la fatigue accumulée et la peur de ne pas faire mon job convenablement car j’étais sans cesse préoccupée ».

Les différents professionnels de l’aide et du soin sont référencés dans l'annuaire médico-social de SAM-Le Réseau des Aidants.

Aujourd’hui Mireille a pris l’option de travailler à temps partiel et envisage la prépension : « je suis assistante paramédicale dans un service de médecine du travail. J’exerce donc en tant que salariée et j’ai un contrat de 20 heures/semaine ».

La permanence juridique organisée par SAM-Le Réseau des Aidants ainsi que les ressources informatives présentes dans l’onglet « Infos utiles » peuvent vous éclairer sur les dispositifs de prépension et de passage à temps partiel.

Toutefois, Mireille est bien entourée. Elle a une équipe de professionnels qui prend soin de son mari en son absence ainsi que sa belle-sœur : « j'ai la chance que ma belle-sœur soit présente près de mon mari lorsque je travaille donc cela me permet d'être plus "relax". Mais je vis avec le nez sur ma montre car tout est organisé à la minute près ».

Cette précieuse organisation est essentielle lorsqu’on est SAM et que l’on souhaite conserver une vie quotidienne équilibrée : « garder une activité professionnelle a été primordiale pour moi car cela me permet d'avoir une vie en dehors de la maison, de ne pas être enfermée chez moi, d'avoir une vie sociale donc, si c'est possible, le fait de garder une activité permet de trouver un réel équilibre ».

Maintenir un équilibre fragile entre vie privée et vie professionnelle est difficile mais finalement nécessaire pour continuer d’exister en tant qu’être humain et pas uniquement en tant que SAM.

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SAM le Réseau des Aidants / Réseau SAM

Initié en 2016 par l’ASBL Aidants Proches Bruxelles et son projet baptisé alors « Mon Réseau Aidant Bruxelles », le « Réseau SAM » est sorti de sa phase-pilote en septembre 2018 et repris dès lors par l’ASBL éponyme : « SAM-le Réseau des Aidants » créée spécifiquement pour faire évoluer cette initiative d’envergure. Le leitmotiv : « tous les aidants proches sont des SAM mais tous les SAM ne sont pas forcément aidants proches » caractérise la volonté de l’association de travailler en prévention, avant que les aidants ne se trouvent épuisés par la situation. L’idée est de les soulager dans leur quotidien en donnant de la visibilité aux soutiens existants mais également en proposant une campagne de communication calquée sur le modèle du « BOB » et facilitant donc l’auto-reconnaissance des aidants avant qu’ils ne tombent dans l’épuisement. Sur le Réseau SAM, les personnes dites « Solidaires à la Maison » (pour « SAM »), c’est-à-dire toutes personnes soutenant un proche en perte d’autonomie à cause de la maladie, du handicap ou de l’âge avancé, trouveront du soutien via un annuaire médico-social, des infos utiles et un espace d’échanges entre paires et avec certains professionnels du secteur.

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