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SAM Informe : l'ASBL Infor-Homes Ajouté le 03/12/2021 à 11h52

La maison de repos (et de soin)... Une étape tant redouté par les seniors mais aussi par leur SAM. Pour faire le point sur cette décision importante et savoir comment s'outiller au mieux pour faire le meilleur choix possible, l'équipe SAM a rencontré Infor-Homes. La Directrice de l'ASBL Amandine Kodeck a d'ailleurs répondu à quelques questions. Interview.

SAM Informe : l'ASBL Infor-Homes

Quel est votre rôle en tant qu’ASBL ? Quand les SAM peuvent-ils s’adresser à vos services ?

Infor-Homes et son homologue néerlandophone (Home Info) sont deux asbl indépendantes de tout pouvoir organisateur et qui revendiquent une position impartiale et objective d’analyse du secteur de l’accompagnement de l’adulte âgé en région bruxelloise. Grâce à ce positionnement, nous déclinons notre champ d’action autour de trois axes distincts mais complémentaires concourant à promouvoir la qualité de vie de l’adulte âgé.

Ainsi, nous proposons un service de conseils personnalisés et un accompagnement dans l’adaptation ou la recherche d’un lieu de vie, un dispositif de lutte contre la maltraitance de ce public cible et occupons un rôle d’observatoire des réalités d’accompagnement des personnes âgées à Bruxelles. Nos services sont entièrement gratuits et une consultation par notre équipe sociale n’engage en rien la personne demandeuse d’accompagnement.

Nous sommes à la disposition de toute personne recherchant plus d’information et de conseils relatifs aux choix d’une maison de repos/maison de repos et de soins ou d’un mode d’accompagnement alternatif. Nous proposons un soutien à la réflexion et contribuons à tisser du lien entre demandeurs et acteurs de terrain.

L’institutionnalisation d’une personne âgée est-elle conseillée/obligatoire ? Dans quelles circonstances ?

L’entrée en Maison de Repos/Maison de Repos et de Soins n’est pas une fatalité. La majorité des Seniors vivent d’ailleurs à domicile et bien souvent aménagent les aides nécessaires à leur sécurité et bien-être. Cependant, il arrive que la vie au sein du domicile familial atteigne ses limites et ne soit plus le garant d’une vie de qualité : augmentation de la dépendance physique, inadaptation du logement aux besoins, perte d’autonomie, isolement social, épuisement et insécurité des aidants proches… sont autant de raisons qui poussent les personnes âgées et leurs aidants à revoir le projet de vie et à envisager un déménagement vers une maison de repos/maison de repos et de soins ou une autre structure alternative.

Quels sont les conseils que vous pourriez donner aux SAM qui hésitent entre le maintien à domicile de leur proche et l’institutionnalisation ?

Trop souvent nous constatons que le domicile est idéalisé au détriment de l’institution qui, elle, a une connotation très négative dans les représentations collectives. Cependant, il est possible de s’épanouir en maison de repos et de renouer avec une vie porteuse de sens. Le domicile et la maison de repos gagneraient à être envisagés de manière moins opposée.

Cependant, pour que l’entrée en Maison de Repos ou le déménagement vers un lieu de vie alternatif se passe bien, il est primordial d’ouvrir le dialogue avec la personne concernée. Des prises de décision en urgence ou en situation de crise entrainent indéniablement une grande souffrance tant pour la personne âgée que pour ses proches.  Anticiper ces situations et impliquer l’ainé dans les discussions et/ou décisions qui le concernent nous apparaissent indispensables. 

Les projets d’accompagnement diffèrent beaucoup d’une structure à l’autre. Sur Bruxelles, l’offre d’accompagnement est grande et actuellement de nombreuses institutions disposent de places libres. Un choix entre différentes structures est donc rendu possible pour le bénéficiaire et accroit ainsi son autonomie.

Pour toutes ces raisons, nous encourageons vivement nos consultants à visiter plusieurs structures afin de se faire une idée plus précise de ce qu’ils seraient prêts à envisager et ce qui va à l’encontre de leurs souhaits et besoins à ce sujet.

Comment faire accepter à une personne âgée le fait de quitter son domicile pour aller en MR ou MRS ? Avez-vous des astuces ?

Il n’y a pas de recette miracle ni de formule magique. Chaque entrée en Maison de Repos reste un chamboulement pour toute personne qui est amené à le vivre et entraine indéniablement de la confrontation à sa propre perte d’autonomie ou d’indépendance mais également à celle des autres.

Les non-dits, les tabous et les promesses nous semblent importants à éviter. Une discussion d’adulte à adulte au cours de laquelle les craintes et les besoins de chacun peuvent être évoqués nous apparait à privilégier. Nos services sont également là pour vous accompagner dans ce cheminement et dans ce temps de réflexion. Le temps est une nécessité pour pouvoir aborder et réfléchir à ces sujets de manière optimale. En cas de situation conflictuelle ou de désaccord, notre association dispose également d’un service de Senior-Médiation.

Si après discussion, vous vous décidez à franchir le seuil d’une Maison de Repos, sachez qu’une marche arrière est toujours possible. Ce n’est pas parce qu’on réside en Maison de Repos que l’on ne peut plus en sortir. Des retours à domicile le week-end, des visites en famille ou encore des vacances sont possibles voire même à encourager. La vie suit son cours même quand on vit en maison de repos ! Si après avoir essayé, vous constatez avoir fait le mauvais choix, il est toujours possible de rompre une convention et de vous réorienter. En aucun cas, une personne ne se retrouve pieds et mains liées avec une institution. Les modalités de ruptures se doivent d’être précisées dans une convention et réglementées par le règlement d’ordre intérieur propre à chaque structure d’hébergement.

De plus en plus de maison de repos proposent également des courts-séjours (séjour dont la durée est déterminée dès le départ : de quelques jours à quelques mois). Le court-séjour permet à la personne âgée de se familiariser avec la maison de repos, avec le mode de vie en communauté qu’elle induit et de « déstigmatiser » certaines idées préconçues. Le court-séjour permet également en situation de crise de dégager un espace-temps pour poursuivre ou entamer une discussion relative au projet de vie de la personne. Les courts-séjours sont aussi un moyen pour les SAM de s’octroyer un temps de répit et prendre un peu de distance.

Quels sont les points essentiels auxquels un SAM doit être attentif lorsqu’il visite une MR ou MRS ?

Préparer une liste de questions au préalable nous parait structurant Nous vous encourageons à lister les points importants pour la personne concernée ainsi que pour vous même :

  • le projet de vie
  • la géolocalisation (la connaissance du quartier pour la personne âgée est souvent un critère important,  l’accessibilité aux proches l’est tout autant)
  • les activités proposées
  • le déroulement d’une journée type
  • le budget dont la personne dispose
  • les prestations incluses dans le prix de journée
  • demander à pouvoir visiter les locaux et les différents types de chambres
  • demander s’il vous est possible de revenir pour participer à une activité ou prendre une boisson ou un repas. De nombreuses maisons de repos bénéficient d’une cafétéria qui peut être ouverte au public
  • demander à pouvoir rencontrer et poser des questions aux professionnels de terrain  (infirmier en chef, responsable de services)
  • questionner l’organisation des soins, la répartition des équipes (attitrées à un étage ou mobiles)
  • l’organisation du mode de vie : unité dédiée en fonction des besoins rencontrés par les résidents ou cohabitation mixte
  • la répartition des résidents, le nombre d’habitants par étages…
  • l’ouverture sur le quartier et la collaboration avec l’extérieur
  • les heures de visites
  • la collaboration avec les médecins traitants et spécialistes
  • Etc…

N’hésitez à demander à recevoir le projet de vie, la convention d’hébergement ainsi que le règlement d’ordre intérieur de l’institution. Vous pourrez ainsi les examiner à tête reposée.

Il apparait important de souligner qu’il n’y a pas de bon ou de mauvais type de fonctionnement ou d’organisation des services. Chaque structure dispose d’une organisation interne qui lui est propre. Cette dernière offre des avantages et des inconvénients. Il est par contre important d’analyser par vous-même si ce mode de fonctionnement répond ou non aux besoins que vous identifiez.

Il y a-t-il des solutions alternatives au maintien à domicile et/ou au placement en institution ?

Sur Bruxelles des alternatives à la maison de repos existent mais restent des initiatives très locales (résidences services, habitat groupé, …). Bien souvent la question de la perte d’autonomie et/ou de l’augmentation de la dépendance fonctionnelle délimite les possibilités d’accompagnement de ces structures.

Il est également bon de savoir que le coût de ces hébergements est parfois supérieur à ceux pratiqués en MR/MRS.

Des possibilités de répit pour les proches et d’accompagnement en journée existent également (centre de soins de jour, service d’accueil de jour, …). Pour ces questions, nous vous encourageons à contacter nos services afin de bénéficier de conseils personnalisés en fonction de vos besoins.

Vous l’aurez sans doute perçu, sur Bruxelles, l’offre d’hébergement/accompagnement est importante et le secteur très changeant. Nos services sont là pour vous aider à y voir plus clair dans la situation que vous vivez et vous accompagner dans ces réflexions délicates et sensibles.

Notre équipe sociale est à votre écoute au moyen d’entretiens téléphoniques ou de consultations en nos locaux du lundi au vendredi de 8h30 à 17h. 

 

Pour contacter Infor-Homes ou son homologue wallon Senoah, rendez-vous dans notre annuaire médico-social.

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SAM le Réseau des Aidants / Réseau SAM

Initié en 2016 par l’ASBL Aidants Proches Bruxelles et son projet baptisé alors « Mon Réseau Aidant Bruxelles », le « Réseau SAM » est sorti de sa phase-pilote en septembre 2018 et repris dès lors par l’ASBL éponyme : « SAM-le Réseau des Aidants » créée spécifiquement pour faire évoluer cette initiative d’envergure. Le leitmotiv : « tous les aidants proches sont des SAM mais tous les SAM ne sont pas forcément aidants proches » caractérise la volonté de l’association de travailler en prévention, avant que les aidants ne se trouvent épuisés par la situation. L’idée est de les soulager dans leur quotidien en donnant de la visibilité aux soutiens existants mais également en proposant une campagne de communication calquée sur le modèle du « BOB » et facilitant donc l’auto-reconnaissance des aidants avant qu’ils ne tombent dans l’épuisement. Sur le Réseau SAM, les personnes dites « Solidaires à la Maison » (pour « SAM »), c’est-à-dire toutes personnes soutenant un proche en perte d’autonomie à cause de la maladie, du handicap ou de l’âge avancé, trouveront du soutien via un annuaire médico-social, des infos utiles et un espace d’échanges entre paires et avec certains professionnels du secteur.

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