Mémo des SAM : le neurologue spécialiste de la Mémoire - Interview du Dr Jean-Christophe Bier

Publié le 12/02/2021 Publié par Le Réseau SAM
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Il n'est pas rare à un certain âge que les SAM 🐢 constatent des troubles de mémoires chez leurs proches. D’autres remarquent chez leurs enfants des troubles de l’attention. De nombreuses pathologies peuvent provoquer des pertes de mémoire ; le Dr Bier, neurologue et intervenant lors de la conférence, « Comprendre la maladie d’Alzheimer », conseille les SAM.

Qu’est-ce qu’un SAM peut faire pour stimuler la mémoire de son proche en perte d’autonomie ?

Il ne peut rien faire de particulier… Soit son proche a une maladie de la mémoire 🧠 par exemple Alzheimer, et il est donc SAM 🐢 à cause de la pathologie de son proche ; dans ces cas-là, la stimulation nécessaire pour entraîner la fonction est tellement lourde et complexe que ce n’est plus du tout du ressort des SAM.

Par contre, il peut mettre en place un système qui fait que son proche reste aussi « bien » que possible sans pour autant que le SAM 🐢 en pâtisse. Ce sera plutôt son rôle de trouver des occupations 🎲 générant une activité cérébrale qui plaisent au proche victime de pertes de mémoire.

L’idée c’est qu’ils ne restent pas passifs devant leur écran de télévision mais plutôt de proposer des activités adaptées et parfois très simples comme converser, 💬 lire 📖 jouer aux échecs ♟️ voire même se promener en forêt 🌲 en silence. Ce type d’activités va produire des synapses et le fait de générer des synapses accroit probablement la réserve cognitive et donc augmente la résistance du cerveau 🧠 aux lésions quelle que ce soit la cause de ces lésions.

Si à l’inverse, le proche est aidé pour des raisons qui n’ont rien à voir avec son état cognitif, toute activité stimulante sera pertinente en fonction de l’intérêt du SAM et de son proche.






A partir de quel moment un SAM doit-il s’inquiéter de l’état cognitif de son proche ? Quels sont les signes qui pourraient lui mettre la puce à l’oreille ?

A mon sens, les tous premiers signes, ce n’est pas le SAM 🐢 qui s’en aperçoit mais le proche lui-même car il ne parvient plus à se rappeler certains évènements. Au départ, les premiers signes ne sont pas associés à une perte d’autonomie significative.

Au niveau de la maladie d’Alzheimer, c’est l’aidé mais aussi le SAM 🐢 qui s’aperçoivent qu’il zappe des épisodes de vie, il ne sait plus ce qu’il a fait, avec qui et à quel moment. Ce genre de perte de mémoire peut être relativement inquiétant et justifie un bilan auprès d’un médecin pour vérifier si oui ou non, une maladie d’Alzheimer 🧠 est déclarée.

Quant à l’inquiétude… Elle dépendra surtout de la relation entre le SAM et son proche ! Certains SAM vont s’inquiéter très tôt et peut-être même trop tôt par rapport à ce qu’on peut faire au niveau médical ; contrairement à d’autres qui vont s’en inquiéter trop tard… et donc le médecin ne pourra peut-être même plus rien faire !

Aujourd’hui, il n’existe pas de traitement curatif pour la maladie d’Alzheimer, il n’est pas possible de traiter la pathologie et d’en guérir donc il semble logique d’aller consulter au moment où ça devient nécessaire aux yeux du proche et/ou du SAM mais pas avant.






Vers quel médecin les SAM et leur proche peuvent-ils se tourner lorsqu’ils constatent des troubles de la mémoire ?

Peu importe l’âge du patient, théoriquement le premier médecin vers lequel il doit se tourner sera son 👨‍⚕️ généraliste. Pratiquement, il n’est pas rare, en Belgique, que les patients âgés 👴 consultent immédiatement des cliniques spécialisées dans lesquelles se trouvent soit des neurologues, soit des gériatres. Même si, en principe, un psychiatre ou un neuropsychiatre devraient être à même de gérer ce genre de problèmes.

Les professionnels les plus compétents restent donc, selon moi, les généralistes qui renverront si nécessaire auprès d’un gériatre ou d’un neurologue.






Quelles sont, au quotidien, les petites choses auxquelles un SAM devrait faire attention dans le cas où son proche est atteint au niveau cognitif ?

De manière générale, une personne victime de perte de mémoire 🧠 n’est plus capable de faire certaines choses convenablement. Il n’est pas inutile pour le SAM 🐢 de reprendre en main la gestion de comptes et des budgets 💰 mais aussi de vérifier la prise des médicaments 💊 en mettant en place, à minima, un pilulier.

Deux autres points auxquels on ne pense pas mais qui sont pourtant générateurs de nombreux accidents : changer de mode de cuisson en cas d’une cuisine au gaz ou au moins placer un détecteur afin d’éviter tout risque et surveiller la capacité à prendre le volant. Les accidents de la route 🚗 causés par des personnes atteintes de troubles cognitifs type Alzheimer ne sont généralement pas graves mais peuvent être source d’inquiétude… particulièrement pour les SAM !

Retrouvez les neurologues, cliniques de la mémoire et centres pluridisciplinaires référencés dans l'annuaire du Réseau SAM !

Résumé de l'article

Les troubles de la mémoire ne sont pas forcément synonymes d'âge avancé... Les enfants aussi peuvent présenter des difficultés au niveau neurologique comme dans le cas d'un TDA/H par exemple. ☑️ Quels sont les signes qui doivent interpeller un aidant à propos de la mémoire 🧠 d'un proche ? Désorientation, confusion dans les moments de vie, souvenirs qui s'estompent... Souvent ces premiers signes passent inaperçus. ☑️ Quels médecins consultés ? A quel moment ? Le médecin généraliste 👩‍⚕️ reste le premier interlocuteur quand l'inquiétude sur l'état de santé survient. Il pourra rediriger si nécessaire vers un spécialiste comme le neurologue ou bien un gériatre si la personne est âgée 👵 ou encore une clinique de la mémoire pour faire un bilan. ☑️ Comment stimuler la mémoire fragilisée d'un proche quotidiennement ? En trouvant des activités qui lui plaisent et qui sont stimulantes d'un point de vue cognitif comme des puzzles 🧩 des sudoku, des préparations culinaires, des promenades...
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